Philo ou Maths
Posté par alpheccar le11 Fév 2005 à 21:41 CEST
D'où provient la signification ou pourquoi je préfère les maths à la philo !
longtemps, j'ai tenté de m'intéresser à la philo en lisant des auteurs Européens. Et chaque fois, j'ai rapidement arrêté devant ce qui me semblait être des discours vides de sens, des jeux de mots. J'avais l'impression que plus les discours étaient confus et plus les auteurs avaient l'impression de dire quelque chose de profond.
Puis, un jour, grâce au net, j'ai commencé à lire des philosophes anglo-saxon et j'ai vu que ce n'était pas le même monde. Je me suis aussi vite aperçu que ces gens étaient beaucoup plus cultivés mathématiquement comme l'étaient les anciens (après tout, les Platon, Aristote ... étaient aussi géomètres ).
On voit souvent des philosophes Americains, appartenant au "Department of Philosophy", écrire des livres qui sont de véritables livres de mathématiques traitant de sujets aussi abstraits que la théorie des catégories.
Je me suis alors posé la question : d'où provient la différence ? Ces auteurs sont-ils plus compréhensibles pour moi en raison de mon éducation et d'une déformation professionnelle ou la différence est-elle réelle ?
Mon sentiment est qu'il y a une différence essentielle provenant de la manière dont la signification, le sens sont encodés. Notez que je vais être volontairement vague sur ce que veut dire "sens" ou "signification".
Dans une langue naturelle, nous avons d'abord des mots qui peuvent-être mis directement en relation avec la réalité : pierre, eau, vent etc...
A partir de ces mots, que j'appelle primaires, on peut construire des mots secondaires, tertiaires etc... Des mots de plus en plus éloignés de la réalité mais qui y sont reliés par un réseau sémantique.
A cela il faut ajouter d'autres mots primaires mais dont les éléments de réalité qui leur correspondent ne sont pas facilement identifiables : être, avoir, temps (time) etc... Suggérant que ces mots pourraient-être en fait des mots de niveau supérieur définissables par des entités plus primaires ?
Tous ses mots sont reliés entre eux par un réseau sémantique qui se traduit dans le langage parlé par des phrases respectant des règles de grammaires : règles assez floues et flexibles mais finalement immuables (sur la durée de vie d'un humain).
En maths, les choses sont différentes. On a bien des lettres, des mots, des phrases avec une syntaxe. Certains symboles utilisés peuvent-être mis en relation avec la réalité (si on veut appliquer ces maths pour étudier la réalité).
Mais la grande, très grande différence se trouve dans les règles de "grammaire" : les règles qui permettent de manipuler les phrases, en construire de nouvelles, les combiner etc... Car ces règles sont choisies pour reproduire symboliquement le fonctionnement d'une partie de la réalité. La "grammaire" est adapté à la portion de la réalité à étudier et le sens des symboles ne provient pas seulement de l'interprétation des mots (correspondance entre ces mots et la réalités) mais aussi de l'interprétation des règles (correspondance entre les règles et une partie de la réalité).
Ainsi, pour commencer à parler d'un domaine en langage mathématique, on ne peut pas se contenter d'inventer de nouveaux mots qui correspondent difficilement à des concepts réels. Il faut aussi inventer des règles. Trouver comment ces mots et ces règles s'organisent et interagissent et comment ils correspondent à la réalité. En résumé, il faut-être arrivé à une compréhension du système beaucoup plus fine.
Et cette compréhension ne peut pas être modifié en cours de discussion. Lorsqu'on utilise une langue naturelle, on peut commencer une discussion en donnant un sens particulier à un mot, et la finir en donnant à ce mot un sens différent et sans s'en apercevoir réellement. D'où des discussions sans fin et stériles.
Ainsi, c'est pourquoi je pense que la discussion en langue mathématique fonctionne si bien et pourquoi les discussions philosophiques en langue naturelle tournent en rond.
En fait, je suis un peu dur. La Philosophie me semble avoir un rôle à jouer : poser les bonnes questions mais pas y répondre.
Mais, cher lecteur ou lectrice, n'oubliez pas que ce message a été posté dans la section délire. Donc, ne soyez pas trop dur dans vos commentaires. Je suis un peu excessif mais c'est pour stimuler la réflexion.
En résumé : le "sens" des mots en mathématiques vient plus des règles de manipulation de ces mots que des mots eux-mêmes.


Posté par alpheccar le14 Mar 2010 à11:48 CEST
http://fare.tunes.org/liberalisme/philo.html
Il y avait un %22 à la fin du lien que j'avais posté. D'où l'erreur.
Texte "La philo : à quoi bon ?"
Posté par Avicenne le14 Mar 2010 à11:45 CEST
Auriez-vous gardé une copie du texte traduit par Faré ?
"La philo : à quoi bon ?" n'est plus accessible par le lien.
Posté par Laurent le20 Fév 2008 à22:05 CEST
une référence me vient immédiatement à l'esprit : Gorgias de Platon . pour faire bref je dirais que le problème est plus simple il réside dans la constatation première les anciens ne distinguaient pas les maths de la philo. les deux sont intimement liés et nécessaire . le même constat que tu as fait peut être fait par un philosophe accusant la difficulté de comprendre les matheux . bref revenons aux sources et regroupons les disciplines fondatrices !
Excellent
Posté par alpheccar le08 Oct 2004 à19:48 CEST
Excellent texte traduit par Faré : La philo : à quoi bon ?
Merci
Posté par alpheccar le20 Sep 2004 à18:05 CEST
Merci pour l’info :-)
Le sophisme dont tu parles
Posté par Faré le20 Sep 2004 à03:45 CEST
Le sophisme dont tu parles, c’est le glissement sémantique (semantic shift ou equivocation).